Conflit israëlo-palestinien

Note de l'auteur: il est devenu habituel pour la plupart des personnes regardant un tant soit peu les journaux télévisés d'entendre parler du conflit israélo-palestinien. Mais combien savent de quoi il s'agit ? Qui connait dans l'intégralité les données de ce conflit ? Répondons à cette nébuleuse question : personne. Ce qui caractérise ce conflit ce n'est pas tant sa violence ou sa durée (quoique...) mais bien l'incroyable imbrication des différents fils qui le composent. Il serait bien sûr illusoire que de vouloir fournir ici une synthèse exhaustive de ce qui s'est imposé comme le conflit le plus long de ces derniers siècles, aussi il paraît important de vous renseigner sur le but de cet article: il n'a pour objet que de vous éclairer quant à ce sujet d'actualité brûlant, en vous donnant un certain nombre de données statistiques, ainsi qu'en vous apportant ma réflexion personnelle. Bien entendu cet article est et reste d'une extrême subjectivité, et n'engage que moi. Vous êtes bien sûr libre de me contacter par email afin de me présenter votre opinion sur cet article, et je dois même dire que je vous encourage vivement à le faire; mon email se trouve en bas de page.

C'est en 1947 que, suite aux promesses britanniques de création d'un foyer national juif en terre de Palestine, fut voté à l'ONU le plan de partage de la Palestine, alors sous mandat anglais. Ce plan avait deux grands axiomes: la division de l'ex-colonie britannique en deux Etats indépendants, l'un Arabe et l'autre Juif, ainsi que l'internationalisation de Jérusalem, ville sainte pour les trois grandes religions monothéistes. Bien que ce plan fut accepté par l'Assemblée Générale des Nations Unies et par les Juifs déjà établis en Palestine, il ne le fut pas par les différents Etats Arabes de la région... C'est donc au moment où la nation juive déclara son indépendance, que commença la guerre pour les pays arabes, et la résistance pour les Palestiniens. En effet le nouvel Etat Juif baptisé Israël, jugeant sa sécurité menacée, envahit les territoires palestiniens, lesquels auraient du former un Etat. Plus important encore Israël recevant le soutien des Etats-Unis et de ses alliés occidentaux a vu sa petite armée (Tsahal) surclasser aisément celles des pays voisins. De là se succédèrent un grand nombre de guerres (Guerre des 6 Jours, Guerre du Kippour, les 2 Intifadas, etc...), ainsi qu'un nombre incalculable de morts. Mais le but de cet article n'étant pas de vous fournir un bilan historique, vais-je maintenant rentrer dans le vif du sujet...

L’existence d’Israël est de moins en moins contestée: reconnue par l’Egypte en 1979 et par l’OLP en 1993, l’Etat hébreu existe depuis bientôt cinquante ans et sa supériorité économique et militaire rendent inimaginable sa radiation de la carte.

Les Palestiniens, eux, vivent une situation contradictoire: d’une part le fait national s’impose lentement, d’autant plus qu’ils sont considérés comme corps étrangers dans les pays arabes: la Jordanie les a massacrés en 1970; le Liban n’a pas été excessivement attristé de les voir partir en 1983 et le Koweït a sévèrement réglé ses comptes avec eux en représailles de leur soutien à Saddam Hussein durant la guerre du Golfe ; d’autre part leur position sur l’échiquier régional et mondial s’est fortement dégradée, notamment auprès des intellectuels occidentaux à cause du terrorisme et ils ont fait la preuve de leur faiblesse militaire.

Les pourparlers ouverts à Madrid le 31 octobre 1991 se sont longtemps enlisés, c’est pourquoi les 2 camps ont préféré se mettre d’accord sur la négociation directe et secrète qui a abouti le 26 août 1993 aux accords d’Oslo; un représentant de l’ONU a dit dans un article du Monde du 21/01/2003 la chose suivante: « La finalité de l’action de l’ONU c’est la paix globale définitive et permanente. Peu importe l’architecte de cette paix. » L’accord « Gaza-Jericho » prévoit que une partie des territoires passerait progressivement sous administration palestinienne, et deviendrait autonome sous 5 ans. La reconnaissance mutuelle d’Israël et de l’OLP était scellée le 13 septembre 1993 à Washington (sous l’œil bienveillant de Bill Clinton !)

La négociation, qui s’est poursuivie pendant toute l’année 1994 bute sur de sérieuses difficultés. L’application des accords d’Oslo a pris un important retard: en effet, l’organisation d’élections à Gaza et en Cisjordanie a été différée à de nombreuses reprises à cause de la présence de l’armée israélienne. Dans ces conditions l’Autorité Palestinienne connaît un problème croissant de représentativité, problème aggravé par l’autoritarisme de Yasser Arafat et par le fait que les nouvelles institutions palestiniennes manquent cruellement de fonds et que les dons promis par l’Occident se font attendre.

Le coût pour l’Etat Juif de la réoccupation des territoires palestiniens dans le cadre de la lutte anti-terroristes n’a cessé de croître. Pour tenter d’endiguer ce manque de financement, l’Etat israélien actuel s’est appuyé sur certaines mesures visant à diminuer et les allocations chômage et les allocations familiales, ce qui a provoqué de vives contestations au sein du parti travailliste. Avec l’appui de son parti de la droite nationale, le Likoud, Ariel Sharon a décidé la réoccupation des anciennes zones autonomes palestiniennes et a réussi à convaincre les USA de la nécessité de déclarer Yasser Arafat « hors jeu ».

Que dire alors ?

Israël n’est pas en grande forme: avec une croissance négative de près de 1.5%, un taux de chômage de plus de 10% de la population active et une inflation de près de 7% le gouvernement actuel, bien que reconduit le 23 janvier 2003, n’a plus la popularité qu’il avait à l’arrivée de Ariel Sharon; en usant de politiques austères, en négligeant l’économie en préférant favoriser le conflit perpétuel et les représailles sanglantes suivies d’allocutions télévisées ayant pour seul but de prouver la justice qu’elles représentent, ce dernier a perdu peu à peu la confiance que lui accorde le peuple israélien.

Quant à ce que l’on ne peut plus que qualifier que d’Autorité Palestinienne ainsi que ses territoires, occupés pour la plupart, son économie est détruite: 30% de chômage, 50% de la population vivant sous le seuil de pauvreté (moins de 2 $ par jour), les industries ne fonctionnent qu’à 20% de leur rendement maximal, pour finir le Produit Intérieur Brut (PIB) palestinien a été divisé par 2 entre 1980 et 2000.

La perspective qui s’offre à la vue des palestiniens n’est rien moins que sombre: en effet, en l’absence de perspectives diplomatiques à moyen terme, l’économie, privée de sa place dans le marché du travail israélien et des libertés élémentaires de transports des biens et des personnes, doit gérer sa survie au prix de lourds sacrifices. A cette totale désorganisation s’ajoute une situation humanitaire dramatique, notamment à cause de l’annexion israélienne de la Cisjordanie et surtout de la réserve de nappes phréatiques fossiles qu’elle était en mesure de fournir aux palestiniens. En plus du nombre énorme de morts, en grande partie à cause de l’Intifada, l’effondrement économique a été complété en 2002 par la mise en demeure de l’ex-chef de l’Autorité Palestinienne, Yasser Arafat, et par sa mort en 2004.

Avec la reprise des attentats suicides perpétrés par les palestiniens, aussitôt suivis de représailles israéliennes, la présence d’un cercle vicieux devient manifeste et plus que jamais intolérable. Si l’opinion générale Occidentale est plutôt favorable aux palestiniens, il n’en est pas moins compréhensible que le manque de ressources en eau de cette partie du globe obligent les différents pays à rechercher où il y en a. Cependant si le but d’Israël peut s’expliquer, la guerre n’est en aucune façon la plus juste manière de l’atteindre. De même il paraît nécessaire de rappeler que ce n’est pas en s’en prenant à des civils et en dynamitant des restaurants que l’on résout les problèmes, cela en créerait même de nouveaux et renforcerait la cause la moins noble et pourtant la principale de cette guerre: la vengeance. De plus les nappes d’eau pour lesquelles se battent les 2 camps sont des nappes phréatiques fossiles donc des ressources non renouvelables, et si tout cela continue les deux antagonistes ne se battront plus que pour la possession du ridicule débit du Jourdain, qui n’est en aucune manière suffisante pour pourvoir aux besoins d’une population de presque 10 millions d’habitants, et qui est en plus contestée par la Jordanie !

Une chose est sûre: la région est exsangue. Mais le pire c’est qu’elle l’est déjà depuis de nombreuses années… Que vient à l’esprit des gens les plus rationnels, quand l’on voit le cercle infini de tragédies qui se perpétue sur ce sol, appelé «terre promise» pour certains ? Pour ma part ce que je me demande ce n’est pas « qui est en tort », ou «qui a commencé», ni même «de quel camp tu es» mais plutôt «Pourquoi»; pourquoi personne ne fait rien pour arrêter tout ça ? Pourquoi continuer à justifier des actions injustifiables ? Pourquoi avoir crée une instance internationale aussi puissante que l’ONU si elle ne doit se résumer qu’à être le pantin des plus riches ? Et enfin pourquoi ne pas reconnaître la vérité que personne ne veut entendre ? Les Etats-Unis ne sont pas les gendarmes du monde. Que faisaient les Etats-Unis quand un pays préconisait une intervention des casques bleus pour arrêter les massacres ? Ils posaient leur veto. Qu’ont dit les Etats-Unis quand un chef politique, controversé certes mais reconnu et respecté (par certains à défaut de ceux qu’il faudrait), était assigné à résidence parce qu’il luttait pour que son peuple ait une terre? Ils l’ont condamné, et diffamé. Non, les Etats-Unis ne sont pas les gendarmes du monde, ils en sont les mercenaires.

Certains vont dire: «hors sujet; que viennent faire les Etats-Unis là dedans ?.»

A cela je répond: pour pouvoir arrêter tout cela il faut les Etats-Unis. Ce n’est pas une question de puissance, de richesse ou même d’influence; si l’ensemble de la scène internationale les mettent en situation de marginalité, ils se rallieront aux plus grand nombre; plus encore, même si les premiers pays qui oseraient se dresser contre ce massacre perdurant depuis plus d’un demi siècle ne comptent pas les Etats-Unis dans leurs rangs, ils finiront quoiqu'il arrive par avoir besoin d’eux. D'une part pour avoir l’aval de l’ONU; et d'autre part pour tout ce qu'implique le terme " Etats-Unis ": renommée, puissance et richesse.

Je ne vais pas faire de conclusion apparente; cet article est assez court et concis pour se suffire à lui-même. Cependant, et parce que finir sans une phrase choc me paraîtrait décevant, il ne me reste qu'une chose à dire: les personnes qui sont accusées aujourd'hui de terrorisme furent qualifiés autrefois de résistants; on peut dire ce que l'on veut, un fait s'impose: la résistance palestinienne est une résistance légitime à une occupation illégitime.

lucas.beaudoin@gmail.com

Lucas Beaudoin


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