20 ans après Tchernobyl se pose encore la question des "dégâts" réels de cette catastrophe:
La CRIIRAD exige la vérité sur Tchernobyl en France. Déclarations de Roland Desbordes, président de la CRIIRAD (commission de recherche et d'information indépendantes sur la radioactivité).
La CRIIRAD réclame la publication des vraies cartes des retombées de la catastrophe de Tchernobyl en France. Ces cartes existent, elles ont été établies dès mai 86 mais jamais rendues publiques par les services de l'Etat.
Les retombées radioactives - peut-être dix fois supérieures à celles de la bombe A larguée sur Hiroshima en 1945 - atteignent, outre l'Ukraine, la Biélorussie, l'Europe de l'Est mais aussi la Scandinavie, le nord de la Grande-Bretagne, une partie de la France et même l'est des Etats-Unis. Vingt ans après le pire accident nucléaire de l'histoire, au-delà des cancers, la pollution radioactive continue de développer de nouvelles maladies. Face aux risques, certains états ont, individuellement, décidé de tourner la page de l'atome mais, au plan mondial, cette forme d'énergie connaît un regain de faveur dans plusieurs grands pays. A l'heure actuelle, on compte sur la planète 440 réacteurs nucléaires civils répartis dans 31 pays et fournissant 16% de l'électricité mondiale.
Par EuroNews: Il est 1h23 du matin ce 26 avril 1986, une partie de la centrale de Tchernobyl vient d'exploser Le coeur atomique du quatrième réacteur s'est emballé au cours d'un test de sureté à la suite de deux erreurs de manipulation
Une colonne de fumée radioactive s'élève dans les airs. La population locale et le monde ne prendront conscience que quelques jours et même quelques semaines plus tard que c'est la plus grande catastrophe du nucléaire civil de tous les temps. Les employés et les premiers secouristes arrivés sur le site subissent une très forte irradiation. Deux meurent sur le coup, 28 dans les semaines qui vont suivre. Le combustible nucléaire va brûler pendant dix jours, rejetant des millions de radioéléments équivalents à l'intensité d'au moins 200 bombes d'Hiroshima. Les particules les plus légères forment un nuage qui porté par les vents va contaminer les trois quarts de l'Europe. Moscou tente de cacher puis de minimiser la catastrophe mais la Suède alerte la communauté internationale dès le 28 avril.
Pour le traditionnel défilé du 1er mai, les enfants défilent dans les rues de Kiev alors que le vent ramène le nuage radioactif sur la capitale ukrainienne. L'évacuation de Pripiat, une ville de 48 000 habitants situés à 3km de la centrale n'a été ordonnée que le 27 avril en début d'après-midi. Une ville aujourd'hui fantôme et inhabitable. Symbole des dangers de l'énergie nucléaire, Tchernobyl continue d'affecter les vies de millions de personnes. Le nombre de morts est lui évalué entre 4000 et 93000, selon les différentes sources.
Le Pr André Aurengo (chef de service de médecine nucléaire de la Pitié-Salpêtrière à Paris) et son équipe, viennent d'adresser leur rapport aux ministres de la Santé et de l'Environnement. Ils ont passé en revue les nombreuses expertises publiées sur le sujet depuis avril 1986, date de l'explosion du réacteur nucléaire. "Le but a été d'analyser leur apport et leurs faiblesses", précisent les auteurs.
Et des faiblesses, il y en a. "Nous ne disposons actuellement d'aucune carte qui donne des évaluations quantitatives fiables des retombées de l'accident de Tchernobyl sur les sols", conclut le rapport. "La valeur quantitative (de ces cartes) n'est qu'une approximation plus ou moins fiable." Un constat pas très rassurant...
Le rapport Aurengo met le doigt sur les nombreuses approximations qui enveloppent nos connaissances sur l'insaisissable nuage. "La représentativité ainsi que la sélection des données (concernant la contamination des sols) sont des questions essentielles (...) auxquelles aucune réponse convaincante n'a été apportée". Que faire alors ? Le rapport propose d'améliorer les cartes existantes. Une proposition de bon sens apparemment... mais écartée par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), arguant que "compte-tenu de la faiblesse des données de 1986 (...) la reconstitution de la contamination due à l'accident de Tchernobyl, 20 ans après, a atteint ses limites". Un constat d'échec bien peu satisfaisant.
Sources : Rapport Aurengo, 25 mars 2006
L'organisation écologiste Greenpeace a déposé un conteneur de béton de 250kg contenant 1kg de sol radioactif dans le hall d'entrée du siège de l'Agence international de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.
Selon Greenpeace, il s'agit d'un "prélèvement de sol hautement contaminé provenant d'une zone publique extérieure à la zone interdite de Tchernobyl". Par mesure de sécurité, cet échantillon a été confiné à l'intérieur de 10cm de béton et d'une couche de plomb.
Avec cette action, l'organisation entend dénoncer : l'attitude scandaleuse de l'AIEA qui n'a de cesse de minimiser les conséquences de la catastrophe de 1986.
"Le nombre de victimes de Tchernobyl largement minimisé : Une étude révèle l'ampleur réelle de la catastrophe
18/04/2006 - Greenpeace publie aujourd'hui un rapport inédit et réalisé par 60 scientifiques du Bélarus, d'Ukraine et de Russie, qui démontre que l'impact sanitaire de la catastrophe de Tchernobyl a été largement sous-estimé par l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA). Même si des incertitudes subsistent concernant l'ampleur exacte des conséquences de Tchernobyl, le rapport conclut que 200 000 décès dus à la catastrophe ont déjà été constatés ces quinze dernières années en Russie, au Bélarus et en Ukraine. Le rapport indique de plus, qu'à l'avenir plus d'un quart de million de cancers, dont près de 100 000 cancers mortels, découleront de la catastrophe.
Ces chiffres prouvent que le bilan mis en avant par l'AIEA, qui table sur 4.000 décès, représente une minimisation grossière de l'étendue des souffrances provoquées par Tchernobyl. «Vingt ans après la catastrophe, le mensonge nucléaire perdure à l'international comme en France. La volonté de l'industrie nucléaire de cacher ses impacts comme les conséquences de Tchernobyl, ou encore la question des déchets nucléaires en présentant l'enfouissement comme une solution, a pour but de servir ces desseins de renaissance» déclare Frédéric Marillier, chargé de campagne Nucléaire à Greenpeace France. Greenpeace estime qu'il est temps de tourner la page du nucléaire et de construire une autre politique énergétique, axée sur la sobriété, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables.
Basées sur les statistiques nationales du Bélarus en matière de cancers, les données contenues dans le rapport (1) prévoient environ 270.000 cancers supplémentaires provoqués par Tchernobyl, dont 93.000 cancers mortels (2). Le rapport conclut aussi, sur la base des données démographiques que, durant les 15 dernières années, 60 000 personnes sont mortes en Russie, et estime qu’au total le nombre de morts pourrait atteindre 140 000 victimes supplémentaires en Ukraine et au Belarus (3).
Le rapport se penche également sur les autres impacts sanitaires de Tchernobyl et conclut que la radioactivité relâchée par l'accident a des effets dévastateurs sur les survivants : entre autres, des dommages aux systèmes immunitaires et endocriniens, un vieillissement accéléré, une augmentation des déformations chez les foetus et enfants, des aberrations au niveau des chromosomes, ainsi que des maladies cardio-vasculaires, sanguines et psychologiques. Même si des incertitudes demeurent concernant l'ampleur exacte des conséquences de Tchernobyl, des preuves irréfutables montrent que l'accident a eu un impact important sur la santé de millions de personnes habitant une grande partie de la planète.
Au-delà de l'impact direct des radiations, la santé des habitants de l'Ukraine, du Bélarus et de la Russie a également été affectée par de graves perturbations aux niveaux social et économique, suite à l'augmentation du coût du système de soins de santé, la perte de terres agricoles, le déplacement forcé d'environ 300.000 personnes, une force de travail affaiblie ou encore la crise économique qui a suivi la catastrophe.
Ces conclusions contrastent fortement avec les affirmations de l'AIEA (4). En avançant le chiffre de 4.000 cancers mortels sans spécifier que ce chiffre a trait à un groupe restreint de personnes (les 600.000 "liquidateurs" et les personnes relocalisées suite à l'accident, alors qu'au moins deux milliards de personnes ont été touchées par les retombées radioactives), l'AIEA tente de minimiser le coût humain de la catastrophe de Tchernobyl. L'AIEA a aussi omis de se pencher sur les impact autres que ceux liés aux cancers et a tenté d'expliquer ceux-ci par une «radiophobie» généralisée.
«Il est regrettable que l'impact du plus grave accident nucléaire soit ainsi minimisé par l'AIEA, souligne Ivan Blokov, chargé de campagne Energie du bureau russe de Greenpeace. Un tel déni des implications réelles est non seulement insultant pour les milliers de victimes, mais remet également en question le mandat même de l'AIEA. Comment, en effet, peut elle prétendre au rôle de gendarme nucléaire mondial si elle ne peut même pas admettre que le nucléaire a anéanti la vie de tant de personnes ?»"
Des éléments de réponse dans le reportage du photographe Paul Fusco sur les habitants de la région de Tchernobyl, avec notamment de terribles images d'enfants malades.
Hôpital des enfants cancéreux, Minsk, Biélorussie 2000.
Vova sait qu'il est gravement malade. Malgré l'amputation, son état ne s'est pas amélioré.
Foyer pour enfants, Minsk, Biélorussie 2000.
Alla tient dans les bras un enfant de 2 ans dont le cerveau se trouve dans l'excroissance.
Asile Novinski, Minsk, Biélorussie 1997.
Cet asile est le principal centre d'accueil pour enfants contaminés en Biélorussie.
Foyer pour enfants, Minsk, Biélorussie 2000.
Cet enfant de 3 ans est là depuis sa naissance. Il est inopérable : l'excroissance contient ses reins
Orphelinat pour enfants abandonnés, Gomel,
Biélorussie 1999.
Sasha, 5 ans, souffre d'une quasi absence de système lymphatique. Son organisme produit des toxines que son corps ne peut donc plus éliminer.
Nous exigeons de savoir exactement quelles sont les mesures de sécurité qui ont été prises et appliquées dans le monde pour que le nucléaire soit aussi inoffensif qu'on nous le dit.
Pour que l'on veuille, (à n'importe quel prix ?) continuer à répartir sur le globe de ces machines aveuglément meurtrières et destructrices.
Pourquoi n'obtenons nous pas de réponse précise...
Lire aussi les articles : "Le nucléaire malgré nous" et Document classé "confidentel défense sur lEPR.
Notes:
Malicia
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