Etat d'urgence

Hausse alarmante des émissions de CO2 dans le monde

Les émissions de dioxyde de carbone (CO2), un des principaux gaz à effet de serre, ont augmenté dans le monde de manière alarmante entre 2000 et 2004, à un rythme trois fois supérieur à celui des années 1990, selon une étude scientifique américaine publiée en mai 2007 sur le site internet de la revue de l'Académie nationale des Sciences (PNAS).

Ces émissions de CO2 ont augmenté de 3,1% par an au début des années 2000 contre un rythme de 1,1% par an dans les années 1990, cette croissance accélérée est largement due à la hausse de la consommation d'énergie et à l'augmentation de carbone dans la production d'énergie.

Malgré le consensus scientifique selon lequel les émissions de dioxyde de carbone affectent le climat, nous ne constatons pas de signe de progrès dans la gestion de ces émissions aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. Dans de nombreuses parties du monde, nous reculons, souligne le principal auteur de cette étude, Chris Field, directeur du département sur l'écologie mondiale à la Carnegie Institution.

Plus grave encore que dans le pire scénario envisagé par le Giec

L'étude montre également que les émissions de CO2 ont augmenté plus vite depuis 2000 que dans le pire scénario envisagé par le Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (Giec). Les tendances liant l'énergie à la croissance économique vont réellement dans la mauvaise direction, estime M. Field.

Une répartition planétaire

L'accélération d'émissions de CO2 est particulièrement importante dans les pays en développement dont l'économie progresse fortement, en particulier la Chine, où l'augmentation des émissions de CO2 est surtout le reflet de l'augmentation du produit intérieur brut par habitant. En 2004, 73% de la croissance des émissions dans le monde est venue des pays en développement et des pays moins développés, qui représentent 80% de la population mondiale. La même année, les pays développés (dont l'ancienne Union soviétique) ont contribué à 60% des émissions totales. Ils sont responsables de 77% des émissions cumulées depuis le début de la révolution industrielle, relève l'étude.

Un résultat prévisible, attendu... Pourtant :

Pourtant depuis plus de deux décennies les auteurs scientifiques tirent la sonnette d‘alarme, les rapports d‘audits et d‘analyses de santé de la planète concernant le réchauffement et les bouleversements climatiques, les taux de pollution critiques relevés au sein de grandes villes, la pureté et la raréfaction de l’ eau potable et les dangers que représente le nucléaire en soi ainsi que le traitements des déchets radioactifs abreuvent la presse et les quelques émissions télévisées qui leur sont consacrés.

Ces rapports alarmants émeuvent à leur lecture et instaurent en notre esprit un état d‘ urgence, pourtant notre question quant aux moyens mis en oeuvre pour l’amélioration, voire le renversement de l’état déplorable de la Terre demeure sans réponse valable de la part de nos gouvernements, les instances dirigeantes de divers pays divulguant de temps à autre des résultats d‘audits optimistes qui viennent contredire les prévisions alarmistes. Pas facile de faire le tri parmi les multiples sources d’information.

Des mesures sont étudiées, des accords internationaux signés, mais rien ne se fait concrètement. En France, lors des élections présidentielles, les candidats ont promis, une fois de plus, de prendre en considération les alarmes sur l'avenir de la planète... Promesse à tenir ?

Sans donner ici la liste complète des dégradations constatées et de leur causes probables, il est intéressant de résumer ou en est l’écosystème aujourd’hui, ou en sont les ressources énergétiques, et les conséquences de l’industrialisation à visée de profits de la production alimentaire.

Les réserves de pétroles sont loin d'être épuisées

Les réserves de pétrole semblaient s'amenuiser, le "peak oil", c'est-à-dire l'instant à partir duquel la production pétrolière mondiale va irrémédiablement s'effondrer faute de réserves suffisantes, étaient presque atteint concernant les gisements actuellement exploités, et il devenait urgent pour les pays occidentaux de trouver d'autres ressources d'énergie alternatives.

Il n'en est rien : le réchauffement climatique induit la fonte des glaces... Et donc la fonte de zones de l'Arctique où regorge cet "or noir" (et autres combustibles fossiles charbon, gaz fossile, gaz naturel voir le projet d'exploitation du gisement norvégien Snoehvit (Blanche-Neige)). Le phénomène n'est pas seulement la conséquence du réchauffement climatique global. Concernant l'origine de la pollution en Arctique, un tiers proviendrait des émissions carbonées en Asie du Sud-Est, un autre tiers des feux de forêt et autres combustions dans la nature et le reste des fumées industrielles et de la pollution automobile occidentales. Et alors que la pollution des pays industrialisés circule selon des courants atmosphériques assez bas, celle en provenance d'Asie emprunte des voies ascendantes plus élevées, jusqu'à la troposphère.

Tous les pays occidentaux se battent pour une parcelle de ces "terres", (Etats-Unis et Canada se proclament tour à tour "propriétaire" des eaux) afin d'en exploiter les gisements. La Russie, notamment, bien que visiblement non bienvenue car si peu précautionneuse dans la sécurité de ses installations, est omniprésente et prête à tout pour sa part de prospection pétrolière. D'autre part cette fonte polaire ouvre une route maritime à travers l’Arctique canadien qui permettrait de gagner des milliers de kilomètres sur le trajet vers l’océan Pacifique, donnant ainsi une nouvelle voie de communication avec l’Asie de l’Est.

Groenland : nouvel Eldorado du pétrole

Un grand nombre de compagnies américaines et européennes, ont ainsi acheté les données sismiques collectées dans la baie de Disko qui sera ouverte à la recherche pétrolière. Ceci constitue une preuve, s'il en était besoin, que l'industrie pétrolière mise de plus en plus sur le Groenland. Au surplus, la présence de pétrole a été confirmée et des fuites d'hydrocarbures provenant de la mer ont été constatées sur les roches des côtes de la baie de Disko.

L’impasse énergétique promise n'est donc plus à redouter, mais cette nouvelle donne dans l'échiquier international de la répartition des ressources d'énergies (primordiale économiquement pour les grandes nations) en découlant, ses conséquences imprévisibles en chiffres seront très certainement déstabilisantes pour les grands équilibres géopolitiques. La recherche d'énergies autres, (renouvelables ou pas) est, là encore, abordée avec frilosité. C’est à peine si les industriels s‘intéressent aux technologies de production d‘énergie alternatives adaptées à la construction automobile en particulier, l’utilisation du pétrole incluant d’autres industries comme la production agricole il n’en reste pas moins que les transports, d'après l'OCDE, dépendent toujours à plus de 96% des hydrocarbures. Etonnant !!!

L’équilibre de l’écosystème ne tient pas seulement aux ressources énergétiques et à l’effet de serre. Les choix de méthodes de cultures et leurs conséquences sur l’environnement, tant sur la pollution de l’eau que la qualité des terres cultivables ainsi que sur la déforestation outrancière tendant à étendre l’industrialisation de l’agriculture, sont un danger croissant pour la conservation des espèces végétales indiscutablement nécessaires au maintien de la vie. L’industrie et les transports ont optés depuis des décennies pour la négligence de retraitement de leurs déchets ou le choix délibéré de technologies polluantes.

Ces choix, au vu des chiffres annoncés ci-après sont devenus criminels, leur remise en cause par les scientifiques, ni les prévisions funestes pour notre survie ne semblent troubler les fautifs, ni donner à l’individu le bon sens de modifier son attitude !

Les pollutions  d’origine humaine et leurs conséquences

(source AIRPARIF)

Les principaux polluants atmosphériques se classent dans deux grandes familles bien distinctes: les polluants primaires et les polluants secondaires.

Les polluants primaires sont directement issus des sources de pollution, qu’elles soient d’origine industrielle ou automobile.

Fumées de cheminées industrielles

Ces polluants primaires peuvent se transformer dans la basse atmosphère, sous l’action des rayons solaires et de la chaleur, en polluants dits secondaires tels que l’ozone et autres polluants photochimiques.

Ces composés constituent le smog photochimique, donnant naissance à ce nuage brunâtre qui stagne parfois au-dessus des grandes villes comme Paris.

La formation de polluants secondaires nécessite un certain temps durant lequel les masses d’air se déplacent. Ce qui explique pourquoi les pointes de polluants secondaires concernent des territoires souvent plus étendus que les pointes de polluants primaires.

Types de polluants

- SO 2 (Dioxyde de soufre) Les émissions de dioxyde de soufre dépendent de la teneur en soufre des combustibles (gazole, fuel, charbon...) Elles sont principalement libérées dans l’atmosphère par les cheminées des usines (centrales thermiques...) ou par les chauffages, le secteur automobile Diesel contribue dans une faible mesure à ces émissions.

- PS (Particules en suspension) Les combustions industrielles, le chauffage domestique et l’incinération des déchets sont parmi les émetteurs de particules en suspension. Mais la plus grande part provient des transports (environ 40%).Les poussières les plus fines sont surtout émises par les moteurs Diesel.

- NOx (Oxydes d'azote). Les émissions d’oxydes d’azote apparaissent dans toutes les combustions, à hautes températures, de combustibles fossiles (charbon, fuel, pétrole...) Le secteur des transports est responsable de plus de 60% des émissions de NOx (les moteurs Diesel en rejette deux fois plus que les moteurs à essence catalysés). Le monoxyde d’azote (NO) rejeté par les pots d’échappement est oxydé par l’ozone et se transforme en dioxyde d’azote (NO 2).

- O 3 (Ozone) L’ozone protège les organismes vivants en absorbant une partie des U.V. dans la haute atmosphère. Mais à basse altitude, ce gaz est nuisible si sa concentration augmente trop fortement. C’est le cas lorsque se produit une réaction chimique entre le dioxyde d’azote et les hydrocarbures (polluants d’origine automobile).

- CO (Monoxyde de carbone) Les émissions de monoxyde de carbone proviennent à 43% environ du trafic routier bien que ce polluant ne représente en moyenne que 6% des gaz d'échappement d'un véhicule à essence et qu’un véhicule Diesel en émet 25 fois moins.

- COV (Composés Organiques Volatils) Les composés organiques volatils sont libérés lors de l'évaporation des carburants (remplissage des réservoirs), ou par les gaz d'échappement. Ils sont émis majoritairement par le trafic automobile (34%), le reste des émissions provenant de processus industriels de combustion.

Les grandes sources de pollution et leur contribution respective

En Ile-de-France, quels sont les polluants atmosphériques produits selon les secteurs d’activité et en quelle quantité ?

Émissions annuelles
(en kilotonnes)

NOx

CO

SO2

COVNM

PM10

CO2

Industrie

32,4

10,2

37,1

56,0

7,3

11075,8

Résidentiel Tertiaire Artisanat

16,1

68,7

23,7

33,3

5,2

19436,8

Transport Routier

84,2

306,6

2,3

58,9

8,0

14396,9

Autres Transports

8,4

9,5

0,2

2,1

0,3

1364,6

Agriculture et Sylviculture

20,1

3,6

4,2

4,3

1,3

3320,5

Sources Biogéniques

0,0

0,0

0,0

23,9

0,00

0,00

TOTAL TOUTES SOURCES

161,2

398,6

67,5

178,5

22,1

49594,6

(source: DRIRE)

Le tableau suivant et l’histogramme qui l’accompagne montrent les contributions de chacune des six grandes catégories d’activités émettrices de polluants atmosphériques en Ile-de-France.

Répartition des émissions
(en %)

NOx

CO

SO2

COVNM

PM10

CO2

Industrie

20,1

2,6

54,9

31,4

32,9

22,3

Résidentiel Tertiaire Artisanat

10,0

17,2

35,1

18,6

23,6

39,2

Transport Routier

52,2

76,9

3,4

33,0

36,2

29,0

Autres Transports

5,2

2,4

0,3

1,2

1,5

2,8

Agriculture et Sylviculture

12,5

0,9

6,2

2,4

5,8

6,7

Sources Biogéniques

0,0

0,0

0,0

13,4

0,0

0,0

(source: DRIRE Ile-de-France/AIRPARIF, cadastre 2000)

Contribution en % des différents secteurs d'activités aux émissions de polluants en Ile-de-France

Les effets sur la santé

Les polluants sont des gaz ou des particules irritants et agressifs qui pénètrent plus ou moins loin dans l’appareil respiratoire et qui peuvent être liés à :

Une augmentation des affections respiratoires:

Bronchiolites, rhino-pharyngites, etc...

Une dégradation de la fonction ventilatoire:

Baisse de la capacité respiratoire, excès de toux ou de crises d’asthme

Une hypersécrétion bronchique

Une augmentation des irritations oculaires

Une augmentation de la morbidité cardio-vasculaire (particules fines)

Une dégradation des défenses de l’organisme aux infections microbiennes

Une incidence sur la mortalité à court terme pour affections respiratoires ou cardio-vasculaires (dioxyde de soufre et particules fines)

Une incidence sur la mortalité à long terme par effets mutagènes et cancérigènes

Les effets sur l'environnement

Au niveau local

Sur les matériaux corrosion par le dioxyde de soufre, noircissements et encroûtements des bâtiments par les poussières issues en grande partie de la combustion des produits pétroliers, altération diverses en association avec le gel, l’humidité et les micro-organismes.

Sur les végétaux: nécroses visibles en cas de fortes concentrations de polluants, réduction de la croissance des plantes sans dommages visibles (par exemple baisse de la production agricole de céréales (blé) due à l’ozone), résistance amoindrie des plantes à certains agents infectieux.

Au niveau régional

Le principal effet des polluants atmosphériques à cette échelle est leur contribution aux phénomènes de pluies acides qui, en liaison avec d’autres facteurs (sécheresse, parasites...) entraînent le dépérissement des forêts et la dégradation des sols. Dioxyde de soufre (formation d’acide sulfurique) et oxydes d’azote (formation d’acide nitrique) sont liés directement à la formation des pluies acides tandis que l’ozone altère la physiologie des arbres forestiers.

Un exemple : A Téhéran la pollution de l'air tue des milliers d'individus
Vue de Téhéran

En 2006, dans la capitale iranienne Téhéran, près de 10 000 personnes sont décédées suite à des maladies provoquées par la pollution atmosphérique. Un smog dangereux s'est constitué à cause de la circulation automobile et d'usines présentes dans la partie sud de cette mégalopole de 12 millions d'habitants. 1,3 million de vieilles voitures très polluantes sillonnent les routes. Le maire adjoint, Mohammad Hadi Heydarzadeh, a déclaré :

Vivre à Téhéran, c'est comme participer à un suicide collectif. Le nombre de morts devrait augmenter cette année. Les indicateurs montrent que la qualité de l'air s'est dégradée et que la pollution a joué un rôle majeur dans la mort de 3 600 personnes rien qu'en octobre à Téhéran.

L'Armageddon climatique - scénario

Les hypothèses de base de ce scénario sont issues des prévisions de scientifiques (mandatés par le secrétariat d‘état à la défense des Etats-Unis) sur le réchauffement climatique, basées sur le scénario plausible d'un changement abrupt des conditions climatiques, risque réel non écarté par les scientifiques du GIEC.

Constater l’état de la planète est une chose, en prévoir les scénarii d’évolution probables en est une autre, le rapport du secrétariat à la défense américaine nous présente un monde broyé par le chaos climatique: Récurrence de typhons dévastateurs, de sécheresses particulièrement meurtrières et irréversibles dans certaines parties du monde, en d’autres des inondations surprises dévastatrices; des pays entiers détruits, inhabitables. Sachant que dans les 20 années à venir, une grande partie de la population mondiale ne parviendra plus à subvenir à ses besoins fondamentaux, l’affolement des populations affamées et leur émigration vers les terres restées accueillantes laisse deviner sans peine les tueries engendrées. L’accès aux réserves d’eau potable épargnées, devenues la véritable richesse, disputé à coup de menace d’attaques nucléaires !

Dans ce scénario les urgences laissent de côté les relations diplomatiques ou les divergences d’appartenance politique, les guerres de religion et le terrorisme ne sont plus la priorité de la défense nationale. L’enjeu est devenu celui de la survie.

D’autres études plus optimistes laissent percevoir un avenir, non pas vraiment radieux, mais possible. Il y a donc urgence à appliquer les mesures de corrections d‘émission de ces gaz polluants :

Individuellement et industriellement.

Malicia


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